Communiqué FCPE : Choc des savoirs : les élèves sous pression, de la maternelle au lycée

 

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COMMUNIQUE DE PRESSE

06 décembre 2023

 

Choc des savoirs : les élèves sous pression, de la

maternelle au lycée

 

 

Le rapport PISA confirme l’impact durable du COVID sur les élèves dans le

monde entier. Pour la France, il rejoint les alertes de ces dernières années de

la FCPE sur les effets délétères au quotidien du manque de moyens humains et

financiers.

L'école française ne corrige en rien les inégalités sociales, voire elle les

accentue. Les élèves les plus défavorisés sont encore un peu plus fragilisés par

le système. Il devient toujours plus difficile d'apprendre, surtout pour les élèves

issus de milieux modestes. Un élève sur 10 est touché par la grande pauvreté.

Le climat scolaire et disciplinaire se dégrade encore et compromet les

apprentissages. Un phénomène qui est aggravé par le nombre d'élèves par

classe, en moyenne 30 au collège et 35 au lycée, l'un des plus haut de l'OCDE.

Les sureffectifs d’élèves par classe et le non-remplacements de professeurs

sont au cœur du problème. Alors qu'en 2018, 17% des directions

d'établissement considéraient que l'enseignement était entravé par le manque

d'enseignants, ce pourcentage est passé à 67% en 2022 ! Le rapport souligne

également ce qui est l’une des préoccupations majeures de la FCPE : les

remplacements ‘garderie’ sont préjudiciables aux élèves. Seuls des

enseignants et personnel qualifiés doivent être recrutés.

En France, contrairement aux idées reçues, le redoublement n'est pas une

garantie pour réussir, car l’élève ne se sent pas plus soutenu ou accompagné,

faute de dispositif d’aide de type ‘plus de maîtres que de classes’.

Alors que nous espérions du Gouvernement une réduction significative des

effectifs dans les classes, avec la création massive de postes d’enseignants

dans toutes les matières, 2500 postes seront à nouveau supprimés à la

prochaine rentrée. Comme le souligne le rapport PISA, la préoccupation

majeure du ministère devrait être la lutte contre les déterminismes sociaux.

Nous attendons encore la confirmation et l’accélération du chantier sur la

mixité sociale et scolaire ouvert avec lucidité par le précédent ministre de

l’Education nationale.

L'école est transformée en une machine à sélectionner les élèves. Ecoles,

collèges, lycées seront notés et sujets à tous types de classements,

encourageant tous les clientélismes et le contournement scolaire. Aussi, il

appartiendra aux élèves de se frayer un chemin vers la réussite dans des

classes surchargées, avec des enseignants manquant de temps et d’effectifs

adaptés pour remédier à leurs difficultés lorsque les premiers signes d’échec

seront là.

Même si la FCPE note la volonté de créer des postes d’enseignants en français

et mathématiques, comment imaginer ces recrutements sans revalorisation du

statut d’enseignant ? Il est à craindre que les groupes de niveaux cloisonnent

les plus faibles avec les plus faibles, alors que le rapport Pisa décrit leurs

effets délétères. Ce rapport préconise des groupes de remédiations ponctuels

et limités dans le temps, basés sur les besoins spécifiques et temporaires des

élèves.

Dans les annonces du Ministre, le redoublement est vu comme un outil pour

restaurer l’autorité des enseignants. Nous constatons effarés que les élus

conservateurs se bousculent dans les médias pour expliquer que le

redoublement sera la juste sanction pour les élèves qui auraient démérité !

Dans cette logique, un enfant en échec le serait par son seul manque de

travail. Un enfant harcelé, un enfant vivant une crise familiale, une enfant

malade qui verra sa scolarité perturbée aura donc à subir une double peine…

Dire qu’un élève en échec est un élève qui ne travaille pas, ce n’est pas un

raccourci dramatique, c’est une violence à l’encontre des enfants.

Ce n’est pas en affichant un, deux ou trois tours de vis par autoritarisme que

l’école fera progresser les élèves et fera s’investir les parents dans la scolarité

de leurs enfants.